Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : bien placé pour du gros volume, moins pour le petit bricoleur
Design et ergonomie : pensée pour l’atelier, pas pour le salon
Solidité, maintenance et garantie : costaud, mais pas éternel non plus
Performance et qualité d’impression : du très propre, mais dépendant des bons réglages
Présentation : une résine 16K qui veut tout centraliser
Fonctions "intelligentes" : utiles, mais pas toutes indispensables
Points Forts
- Gros volume d’impression (302,4 × 161,98 × 300 mm) avec très bonne qualité grâce à l’écran 16K
- Nivellement auto, chauffage du bac et remplissage automatique qui réduisent les ratés et le temps de réglage
- Design pratique (double porte, plaque gravée à dégagement rapide, bac d’égouttage) adapté au gros format
Points Faibles
- Machine lourde, encombrante et assez énergivore, qui demande un espace dédié bien ventilé
- Fonctions avancées (Wi-Fi, capteurs, caméra) ajoutent de la complexité et potentiellement des pannes sur le long terme
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | ELEGOO |
Une grosse machine résine pensée pour la flemme (et les gros prints)
J’ai utilisé la Jupiter 2 pendant un peu plus de deux semaines, en gros pour faire ce que je fais d’habitude sur une Saturn (figurines, pièces de cosplay, quelques pièces techniques) mais en plus gros et en plus automatisé. Pour situer, je suis pas un total débutant en résine, mais je passe pas mes week-ends à tuner des firmwares, je veux surtout que ça imprime sans que je passe ma vie à régler le plateau. Cette machine, sur le papier, coche beaucoup de cases : gros volume, 16K, auto-nivellement, chauffage du bac, remplissage auto, suivi via appli… bref, ça vend du confort.
En pratique, la première impression que j’ai eue, c’est surtout : « ok, c’est énorme, ça pèse un âne mort, on n’est plus du tout sur une petite imprimante de bureau ». Entre le poids (presque 30 kg) et la taille, faut clairement lui prévoir une place dédiée, idéalement près d’une fenêtre ou d’une hotte parce que ça reste de la résine. On sent que la machine vise les gens qui impriment beaucoup, ou qui veulent faire du gros volume sans multiplier les petites imprimantes.
J’ai lancé plusieurs jobs : un gros buste de 28 cm, un plateau complet de petites figs, et quelques pièces fonctionnelles longues pour voir si ça se tord, si ça décolle, etc. J’ai aussi joué avec la gestion à distance et les alarmes de manque de résine pour voir si c’est du gadget ou si ça évite vraiment des fails. Globalement, la machine imprime, ça fait le job, mais tout n’est pas parfait non plus.
Si tu viens d’une petite Mars ou d’une vieille Elegoo sans auto-nivellement, tu sens clairement le gap en confort et en taille. Par contre, le prix, la conso (300 W) et le côté usine à gaz du Wi-Fi + appli + purificateur + chauffage, ça fait que c’est pas forcément pour tout le monde. Je vais détailler point par point, mais en gros, c’est une bonne grosse bécane pour ceux qui impriment souvent et qui ont la place, pas un jouet à poser sur un bureau d’étudiant.
Rapport qualité-prix : bien placé pour du gros volume, moins pour le petit bricoleur
En termes de rapport qualité-prix, la Jupiter 2 se situe clairement dans la catégorie des grosses machines résine qui visent les utilisateurs un peu sérieux : gros hobbyistes, makers qui vendent quelques pièces, petites structures, etc. Si tu compares à une petite Mars ou même une Saturn, tu paies plus cher, mais tu gagnes un volume de fabrication 2,5 fois plus grand que la Saturn 4, un écran 16K, le chauffage du bac, le remplissage auto, la gestion à distance, etc. Pour quelqu’un qui remplit souvent le plateau et qui a besoin de sortir beaucoup de pièces, ça peut vite se rentabiliser en temps et en confort.
Par contre, il faut aussi compter les à-côtés : consommation de 300 W, plus de résine utilisée à chaque print (forcément, tu es tenté de remplir le plateau), besoin d’un espace dédié bien ventilé, éventuellement d’un gros bac de lavage et d’une grosse station de polymérisation derrière. La machine en elle-même n’est qu’un bout du budget. Si tu viens d’une petite imprimante, il faut être prêt à monter d’un cran sur tout le setup. Sinon, tu vas te retrouver avec une grosse machine que tu n’oses pas vraiment utiliser à fond.
Pour moi, le rapport qualité-prix est franchement pas mal si tu exploites vraiment le volume et les fonctions avancées. Le nivellement auto, le chauffage, le remplissage auto et les capteurs limitent les fails, donc tu gâches moins de résine et de temps. Si tu imprimes beaucoup, ça compte. Si tu imprimes deux bustes par mois, c’est clairement surdimensionné, et tu feras la même chose avec une Saturn moins chère, même si tu devras remplir le bac à la main.
En gros, c’est une machine qui a du sens si tu sais déjà que tu vas l’utiliser souvent et que tu as la place. Si tu es encore en phase de découverte de la résine, je la trouve un peu trop grosse et trop chère pour démarrer. Il vaut mieux commencer plus petit, voir si tu accroches, et passer sur ce genre de bécane quand tu as vraiment besoin de sortir du gros volume régulièrement.
Design et ergonomie : pensée pour l’atelier, pas pour le salon
Niveau design, on est clairement sur une machine d’atelier. C’est de la tôle et de l’alliage d’aluminium avec des panneaux en ABS, le tout assez massif. Le gros point pratique, c’est la structure à double porte. Contrairement aux capots à soulever des petites imprimantes, là tu as deux portes qui s’ouvrent vers l’avant. Ça paraît bête, mais pour manipuler un plateau aussi large et lourd, c’est beaucoup plus confortable. Tu n’as pas besoin de jongler avec un gros capot plein de résine qui goutte.
Autre truc bien pensé : la fenêtre de visualisation transparente. Tu peux jeter un œil à l’impression sans ouvrir quoi que ce soit, juste pour vérifier que ça accroche bien au plateau ou que tout se passe normalement. Ça évite de respirer la résine pour rien. La plaque de fabrication, elle, est gravée au laser et surtout avec un système de dégagement rapide et des poignées ergonomiques. Là encore, avec la taille du plateau, ça change tout : moins de risques de le faire glisser des mains plein de résine.
Le bac d’égouttage de résine est aussi une bonne idée. Quand tu sors le plateau, tu peux le laisser égoutter au-dessus du bac sans en foutre partout. Ça limite les dégâts sur la table et sur la machine. L’écran tactile de 4 pouces est petit mais suffisant, avec une interface assez claire. On n’est pas sur une tablette géante, mais pour lancer un print, ajuster un chauffage ou vérifier un message d’erreur, ça va.
Par contre, il faut être honnête : tout ça prend de la place et fait du bruit (ventilation, chauffage, refroidissement de l’écran). C’est pas un monolithe silencieux qu’on pose dans un salon. Entre le ventilo du système de refroidissement LCD et le chauffage du bac, tu l’entends tourner. Rien de dramatique dans un bureau dédié ou un garage, mais dans un petit appart, ça peut vite saouler. Et vu le poids, oublie l’idée de la bouger tous les quatre matins, il faut vraiment lui trouver un spot fixe, stable, avec une bonne ventilation.
Solidité, maintenance et garantie : costaud, mais pas éternel non plus
Vu le poids et les matériaux (tôle, alliage d’aluminium, ABS), la Jupiter 2 donne une impression de machine solide. On n’est pas sur une petite boîte en plastique légère. Les charnières des double-portes ont l’air robustes, la structure ne vibre pas dans tous les sens pendant l’impression, et l’axe Z encaisse bien le poids du plateau même sur la hauteur max de 300 mm. Pour quelqu’un qui imprime souvent, c’est plutôt rassurant. Tu sens que ça a été pensé pour tourner longtemps, pas juste pour faire trois prints par an.
Pour l’entretien, Elegoo a quand même simplifié deux-trois trucs. Le film de libération (FEP) interchangeable rapidement sans outil, c’est un vrai plus. En gros, tu peux le changer en quelques secondes, sans sortir tout un set de clés Allen. Quand tu as déjà percé un FEP à cause d’un résidu, tu sais à quel point c’est chiant sur certaines machines. Là, ça reste une opération un peu salissante, mais au moins, c’est pas un chantier. Le système de refroidissement de l’écran LCD est aussi là pour prolonger sa durée de vie, ce qui est important vu que l’écran est un consommable cher.
Par contre, niveau garantie, il faut bien lire les petites lignes. L’imprimante a un an de garantie gratuite, mais l’écran LCD n’est couvert que six mois, et les consommables comme le film de démoulage ne sont pas couverts. Les dommages causés par démontage non autorisé ou mauvaise utilisation ne sont pas pris en charge non plus. Et surtout, la disponibilité des pièces détachées n’est pas clairement indiquée. Pour une machine de ce prix et de cette taille, c’est un peu dommage de ne pas avoir des infos plus précises à ce sujet.
Sur deux semaines de test, évidemment je n’ai pas pu simuler deux ans d’usure, mais on sent que la mécanique tient la route. Le vrai point à surveiller dans le temps, ce sera l’écran LCD (classique sur toutes les résines) et les systèmes « intelligents » (capteurs, chauffage, remplissage auto, Wi-Fi). Plus il y a d’électronique, plus il y a de risques de panne sur le long terme. Si tu es du genre à garder ta machine plusieurs années, prévois dans un coin de ta tête le budget pour un changement d’écran et, éventuellement, un peu de dépannage si un capteur commence à délirer.
Performance et qualité d’impression : du très propre, mais dépendant des bons réglages
Sur la partie performance pure, la Jupiter 2 fait clairement le taf. La combinaison écran 16K + résolution XY 20 × 26 µm + source lumineuse entièrement fermée donne des impressions très nettes. Les figurines que j’ai sorties (visages, cheveux, petits détails d’armure) sont bien définies, les textes gravés en petit restent lisibles, et je n’ai pas vu de gros problèmes de banding ou de zones plus claires. La diffusion lumineuse a l’air bien uniforme, je n’ai pas eu de zone du plateau systématiquement ratée.
J’ai surtout remarqué que le nivellement automatique multipoints enlève une grosse source de stress. Tu lances la procédure, la machine fait sa danse, et derrière, les premières couches accrochent bien. Je n’ai pas eu de print totalement décollé du plateau pendant mon test, ce qui est déjà un bon point. Le fait d’avoir une plaque gravée au laser aide aussi à l’adhérence. Là où je devais parfois m’y reprendre à deux fois avec d’autres machines, ici c’est passé du premier coup sur la plupart des jobs.
Le chauffage intelligent du bac qui maintient à 30 °C est utile si tu imprimes dans une pièce un peu froide. La résine réagit mieux, les couches se polymérisent de façon plus régulière et tu peux garder des temps d’exposition corrects sans les rallonger comme un malade. Sur une grosse impression de plus de 10 heures, ça aide à garder un comportement stable. Par contre, ça consomme plus et ça rajoute un bruit de fond. À toi de voir si tu en as vraiment besoin en fonction de la température de ta pièce.
Niveau fiabilité, j’ai eu un seul print foiré à cause d’un support mal placé (donc plutôt de ma faute que de la machine). Le système de détection de résidus dans le bac est rassurant : après ce fail, la machine a bien réagi et m’a évité de relancer direct sur un FEP potentiellement abîmé. En résumé, quand tu as bien réglé ton slicer (SatelLite ou autre), la Jupiter 2 sort des pièces très propres, surtout en gros volume. C’est pas magique, il faut toujours savoir préparer ses supports et ses orientations, mais la base matérielle est solide.
Présentation : une résine 16K qui veut tout centraliser
Concrètement, la Jupiter 2, c’est une imprimante 3D résine MSLA avec un gros volume de fabrication de 302,4 × 161,98 × 300 mm. Pour comparer, c’est environ 2,5 fois le volume d’une Saturn 4, donc tu peux soit faire un gros objet (casque, gros buste, grosses pièces de décor), soit remplir le plateau de petites pièces et rentabiliser chaque print. On est clairement sur du format pour gros hobbyiste, atelier, association ou petit business, pas juste pour imprimer une figurine de temps en temps.
Sur les specs, ça envoie pas mal : écran 16K avec une résolution de 15120 × 6230 et une résolution XY annoncée de 20 × 26 µm. En gros, les détails sont très fins, on est largement au niveau de ce qui se fait de mieux aujourd’hui sur de la résine grand public. Elle supporte les résines classiques : standard, lavable à l’eau, ABS-like, tough, etc. Côté connectivité, tu as l’USB classique, mais aussi le Wi-Fi double bande, la gestion en grappe et l’intégration avec l’appli Elegoo Matrix et le slicer Elegoo SatelLite.
La machine embarque aussi tout un tas de fonctions qui visent à limiter les galères habituelles : nivellement automatique multipoints, chauffage intelligent du bac à 30 °C, remplissage auto de la résine, capteur de pénurie de résine, détection de résidus dans le bac, alarme de défaut de nivellement, récupération après coupure de courant. Sur le papier, c’est clairement pensé pour réduire les ratés et éviter de rester planté devant la machine à surveiller le niveau de résine.
Par contre, tout ce confort a un prix : consommation de 300 W, poids de 28,9 kg, gabarit assez massif (46,5 × 50,8 × 64,8 cm). Et évidemment, plus il y a de fonctions, plus il y a de choses qui peuvent tomber en panne ou buguer. Pendant mon test, tout n’a pas planté, loin de là, mais disons que c’est pas non plus une machine minimaliste. Si tu veux juste une petite imprimante simple, c’est peut-être un peu overkill. Si tu cherches un truc qui centralise de gros volumes avec un peu d’intelligence embarquée, là ça commence à devenir intéressant.
Fonctions "intelligentes" : utiles, mais pas toutes indispensables
La Jupiter 2 est vendue comme une imprimante « intelligente », donc je me suis concentré sur tout ce qui dépasse le simple « je mets un fichier sur clé USB et je lance ». Le système d’alimentation automatique en résine, par exemple, est plutôt pratique sur les gros prints. Sur mon buste de 28 cm, le réservoir se vidait doucement, et au lieu de devoir revenir toutes les deux heures pour remplir, le système a pris le relais. Le capteur de pénurie de résine déclenche une alarme si ça descend trop, ce qui m’a évité un print à moitié vide. C’est pas parfait (ça reste un système mécanique qui peut se planter si la bouteille est mal mise), mais globalement, ça fait gagner du temps.
La partie Wi-Fi, gestion en grappe et appli Elegoo Matrix, c’est un peu en demi-teinte pour moi. Envoyer un print à distance, surveiller la progression et recevoir une notif, c’est confortable, surtout si la machine est dans une autre pièce ou un garage. Par contre, il faut accepter les mises à jour firmware OTA, les petits temps de latence, et une interface qui est parfois un peu lente. Ça marche, mais c’est pas non plus aussi fluide qu’un smartphone haut de gamme. Pour un usage perso, c’est sympa, pour un petit atelier avec plusieurs machines, là ça prend plus de sens.
La caméra intégrée avec HDR et le time-lapse, c’est un gadget sympa si tu aimes documenter tes impressions ou partager sur les réseaux. En pratique, je m’en suis surtout servi pour vérifier que les premières couches se passaient bien sans me déplacer. L’image est correcte, même si faut pas s’attendre à une GoPro. La surveillance en temps réel est utile surtout au début du print, après, on regarde moins. C’est le genre de truc dont tu peux très bien te passer, mais comme c’est intégré, pourquoi pas.
Enfin, tout ce qui est sécurité et protection (détection de résidus, alarme de défaut de nivellement, protection contre les hautes températures, récupération après coupure de courant) donne un peu plus confiance. J’ai testé la coupure de courant sur un petit print, la reprise a fonctionné, même si sur un énorme print de 15 heures, je serais quand même un peu stressé. Globalement, ces fonctions rendent l’usage plus serein, surtout si tu n’aimes pas surveiller ta machine en permanence. Mais ça reste de la résine : il faut toujours garder un minimum d’œil dessus.
Points Forts
- Gros volume d’impression (302,4 × 161,98 × 300 mm) avec très bonne qualité grâce à l’écran 16K
- Nivellement auto, chauffage du bac et remplissage automatique qui réduisent les ratés et le temps de réglage
- Design pratique (double porte, plaque gravée à dégagement rapide, bac d’égouttage) adapté au gros format
Points Faibles
- Machine lourde, encombrante et assez énergivore, qui demande un espace dédié bien ventilé
- Fonctions avancées (Wi-Fi, capteurs, caméra) ajoutent de la complexité et potentiellement des pannes sur le long terme
Conclusion
Note de la rédaction
La ELEGOO Jupiter 2, c’est une grosse imprimante résine pensée pour ceux qui veulent imprimer souvent, en grand, et avec un maximum de confort. Le combo gros volume, écran 16K, nivellement auto, chauffage du bac et remplissage automatique fait que tu passes moins de temps à bricoler et plus de temps à imprimer. La qualité des pièces est très bonne, la stabilité est au rendez-vous, et les petits plus comme la détection de résidus, les alarmes de pénurie de résine et la reprise après coupure de courant rendent l’usage plus serein. C’est une machine qui donne l’impression d’être faite pour tourner longtemps dans un coin d’atelier.
Par contre, ce n’est clairement pas une imprimante pour tout le monde. Elle est lourde, encombrante, consomme plus qu’une petite machine et demande un espace dédié bien ventilé. Les fonctions « intelligentes » sont utiles, mais rajoutent aussi une couche de complexité et de sources potentielles de panne à long terme. Et la garantie limitée sur l’écran LCD rappelle que certains composants resteront des consommables. Pour résumer : si tu es un hobbyiste sérieux, un petit pro ou un fablab qui a besoin de gros volume et qui veut limiter les galères, la Jupiter 2 a un bon rapport qualité-prix et fait bien le job. Si tu débutes ou que tu imprimes rarement, il y a plus simple, moins cher et plus compact ailleurs, et tu ne profiteras pas vraiment de tout ce qu’elle propose.